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Mais, que se passe-t-il

Ce matin ?

Ai-je raté mon chemin

Pour le boulot ?

Je m’engouffre

Vers un nuage blanc,

Noires mille mains

Se tendent vers moi

Et je glisse doucement

Vers le paradis, peut-être…

Soudain, j’aperçois,

Là-bas, très loin,

Les yeux étincelants

D’une alouette,

mais oui, une gentille petite alouette

Qui vient près de moi et….

Non, ce n’’est pas une alouette :

Une voiture

me dépasse de côté.

1987

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De corolle

En corolle

Joli papillon

T’envoles

Et tu viens

Te poser

Sur le petit nez

Tout beau

Du bébé

Qui fait dodo.

1987

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Petchou mèinou,

de tèn-s-èn-tèn

me demando

se n’ë po mal fé

à te voulèi eun ci mondo,

té, si jantillo,

si contèn et frajillo ;

deun eun mondo si gran

et défeucillo,

t’aré-teu la force

de sourie todzor

comme te fé ara

devan ceutta fleur ?

1987

Face à cette fleur

Petit gamin

De temps en temps

Je me demande

Si je n’ai pas mal fait

De te vouloir en ce monde,

Toi, si gentil,

Si heureux et fragile ;

Dans un monde si énorme

Et difficile, auras-tu la force

De sourire toujours

Comme à présent

Face à cette fleur ?

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Lorsque je ferme les yeux,

Le soir, doucement, dans mon lit,

Je sors de mon corps,

De ma vie, de mon rôle,

Et je pars.

Je deviens l’oiseau qui s’envole

Au sommet des montagnes,

Le ruisseau qui gazouille

Dans la fraîche campagne,

Je suis l’arbre,

La musique, le vent,

Le temps qui s’en va

Au-delà des nuages,

Le temps qui transporte mon âme

Vers l’éternel rivage.

1987

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Le vent effeuille le livre

Et mes pensées s’envolent

Bien loin.

Sur mes genoux,

Les mots me paraissent

Un dessin blanc et noir.

Les pétales des cerisiers tombent

Comme des flocons de neige.

Et je penses à toi.

1987

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Qui l’a-t-ë beuttò

La patta

Deun l’écouëla

De la fiocca ?

N’a po faata

De fie ron-ron,

Lo pétchà

Se vèi su lo mènton !!

1987

A’ un petit chat gris

Qui a-t-il plongé

Sa patte

Dans le bol

De la crème ?

Pas besoin

De ronronner :

Le péché

ça se voit sur le menton !!

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Que t’es belle, la lune,

Ce soir !!

Tes rayons éclairent

Les noirs cheveux

Du bébé qui fait dodo

En son lit tout petit !

Et ils éclairaient déjà

Les noirs cheveux

Du bébé néanderthal

Qui faisait dodo

Dans les bras de sa maman.

1986

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Bébé

Auras-tu encore

À vingt ans

Des arbres à escalader,

Des montagnes à admirer,

Des écureuils à poursuivre ?

Pourras-tu encore

Courir dans les prés

Ou le gris du ciment

Aura-t-il tout englouti ?

1986

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Pourquoi,

dis-moi, cher ami,

pourquoi

au jour le jour

tout amour flamboyant

s’assoupit-il

ne laissant

que regrets et souvenirs

dans les cœurs ?

Temps impitoyable

qui efface tout espoir,

tout rêve, tout amour.

1986

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Les follets

Font la ronde

Autour de la violette.

Les follets

Dansent en fête :

Le gai printemps est retourné !!

Ils dansent, ils dansent !

Regardes un peu mieux

Aux pieds de la violette,

Tu les verras,

Toi aussi,

J’en suis sûre !

1985

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Oh vent tiède

Qui arrive de si loin,

Haleine de désert,

Souffle de sable

Qui caresse

Les flancs des montagnes

Et saupoudre

Leur candide beauté

D’un voile de chocolat.

1985

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Mille corolles s’envolent

Vers le ciel,

Ce ciel azur de printemps ;

Mille pétales roses tourbillonnent

Et effleurent tes joues, tes yeux,

Plus haut dans le vent,

Tout haut comme le soleil.

1985

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Les yeux de l’amour

Je les rencontrerai un jour;

Ils seront grands et profonds,

Noirs ou bleus, qu’importe !

Mais ils sauront caresser,

Ils sauront murmurer,

Chanter, crier, vivre,

Et… ils seront tes yeux !

1985

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Pouro tseun nër

Avouë le pèi drèt

Et le bouëgno a poueunte,

Voueu que t’ë contèn

T’a gneunca më

Euna cua pe boudjé,

Te reston rènque

Dou pèi drèt,

que trèmblon lé,

Mènque te joué

Lliouion, lliouion….

1984

A Titti

Pauvre chien noir

Au poil hérissé

Et aux oreilles pointues,

Aujourd’hui que t’es content

T’as même pas une queue à remuer,

Tu n’as que

Deuz poils raides,

Qui tremblotent,

Mais tes yeux

Brillent, brillent…

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Djoulietta sappe,

sappe le tartifle,

clic, clac,

avouë chouèn,

avouë amour,

lo sapeun garatte.

Garatte la téra

Et çalle plante,

Si verte, si tèndre,

Sèmblon contènte

De ceutte caresse.

« Gramacì, Djoulietta »,

Sèmblon lèi die,

«  pe té n’arèn cheur

Eunna bella recompènse !! »

1983

Les pommes de terre

Juliette pioche,

Pioche les pommes de terre,

Clic, clac,

Avec soin,

Avec amour,

La pioche garatte,

Garatte la terre,

et ces plants

si verts, si tendres,

semblent contents

de ces caresses.

« Merci, Juliette »,

Ils paraissent lui dire,

« nous saurons te récompenser

C’est bien sûr !! »

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Instant immense

Je ferme les yeux

Un instant

Et ta main est là,

Dans la mienne,

Elle rechauffe

mon cœur

mon âme,

ici près du feu…

1982

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Que dzèn que t’ë, boulë rodzo!!

Te sèmble seuna demouasèlla

Arbeullià pe la fëta,

Eun lardzo tsapë couleur di pavoù

Tot dènteullià de marguitte,

Eunna basquinna frou-frou

Floure ton cor agillo

Et eun fèider bien étret

Toppe amodo le tsèissette !

Tcheut t’avétson,

Le jeu plèn de pachon

Mè… tatson moyèn

De évité la tèntachon !!

1982

Le champignon rouge

Que t’es joli, champignon rouge !!

Tu ressembles à une demoiselle

Habillée pour le fête,

Un grand chapeau couleur des coquelicots

Tout tacheté de marguerites,

Une chemisette frou-frou

Enveloppe ton corps agile

Et un tablier très étroit

Recouvre très bien les chaussettes !

Tout le monde t’admire,

Les yeux pleins de plaisir

Mais… ils essayent

D’éviter la tentation !!

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Une fée toute blonde

Apparait dans le bois,

En dansant la fillette,

Effleurant les bouleaux,

Elle voltige éphémère

Tout en rond dans les prés,

âme légère qui rêve,

âme d’une vieille

malade et prisonnière

qui s’élève et qui danse

et une fois encore

se transforme

et apparait dans le bois,

en dansant

la fillette….

1982

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Ceutta nëët me sèntchou

Eunna pavioula lèvètta,

veuilavo lliouèn lliouèn

protso de tè, Bon Djeu.

Eumbraché le montagne,

M’enivré di bon flò di violette,

di tapadzo de l’ève,

de l’ouvva,

di tèn…

Me sèmblaat de ëtre

Eunna pavioula lévetta,

Me lèvé deun lo vuoiddo

Sènsa pi mi

Lo pèiss mortel

De la via….

1982

Papillon léger

Cette nuit je croyais être

Un papillon léger,

Je volais loin, très loin,

près de toi, Bon Dieu.

Embrasser les montagnes,

M’enivrer du parfum des violettes,

Du gargouillement de l’eau,

Du vent,

Du temps…

Je croyais être

Un papillon léger,

M’envoler dans le vide

Sans

Le poids mortel

De la vie…

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Un instant de repos

Sous mon bon vieux pommier,

Les paupières se baissent

Et je pars en voyage

Au bout du temps

Au bout du vent…

Là haut

Immenses glaciers

Luisant au soleil,

Mille éteincelles

Soulagent mon cœur

Là haut dans l’infini…

1982

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