Archivio Autore

Pavioula lévetta

perdua deun la nëët,

folappe deun l’ouvva

enco piourna de solèi

et se pouse déleucatta

su lo cœur di étsardon

se repousé le s-ale

eun moman,

eun petchou moman,

suspèndu deun l’air frëque

1982

Papillon dans la nuit

Papillon léger

Perdu dans la nuit,

S’envole dans le vent

Encore ivre de soleil

Et se pose délicat

Sur le cœur d’un chardon

Reposer ses ailes

Un instant,

Un tout petit instant,

Suspendu dans l’air frais…

Comments Nessun Commento »

Se revèllié lo mateun

Et avèi té,

Protso de mé,

Enco eundreumì…

Se revèllié

Et ëtre cheur

De ci amour

que m’accompagne

Eun po aprë l’atro,

Su lo sentì de la via…

T’eumbraché for

Et sèntì

Tigna vouéce eunlliournìa

Que me dit:

“L’è-t-ë dzà l’euya ? »

1982

Réveil

Se réveiller le matin

Et t’avoir ici,

A côté de moi,

Encore endormi…

Se réveiller

Et être sûr

De cet amour

Qui m’accompagne

Un pas après l’autre

Dans le sentier de la vie.

Te serrer fort

Et écouter

Ta voix endormie

Qui me dit :

« Est-ce déjà l’heure ? »

Comments Nessun Commento »

La nëët


La nëët que déscèn

vouale tot à noutre jeu,

l’imadze di montagne,

le tèt di mèison,

le sentë et le pro…

Rènque eunna baga

arreuve po a catché :

lo gargollio di ru

et le pèine di coeur…


La nuit


La nuit qui déscend

voile tout à nos yeux,

l’image des montagnes,

les toits des maisons,

les sentiers et les prés…

Une seule chose

elle n’arrive pas à cacher :

le gargouilement de l’eau

et les peines du cœur…

Comments Nessun Commento »

Comme tsanton voueu

Le s’euijì

Mëmo se plout !

Tsanton l’éforié nèissèn,

Le violette di pro,

Tsanton ceutte gotte figne

Que caresson me dzoute….

Tsanton lo Bon Djeu,

tsanton pe tcheut

et enco pe cice

que l’an pò lo tèn

de le s-acoutté.

1982

Pluie de printemps

Qu’ils chantent aujourd’hui

Les oiseaux

Même s’il pleut !

Ils chantent le printemps naissant,

Les violettes des prés,

Ils chantent ces fines gouttelettes

Qui effleurent mes joues….

Il chantent le Bon Dieu,

Ils chantent pour tout le monde

Et aussi pour ceux

Qui n’ont point le temps

De les écouter.

Comments Nessun Commento »

Plodze de mars


Petchouda plodze de ma-as

que te peun de vèr le prò

aprë un lon ivir gri,

sèmble que te voualèye

mon cœur de mélanconia,

eunna doussa mélanconia d’èforié,

eun attèndèn lo sourie

di violette de Pâque.


Pluie de mars

Petite pluie de mars

qui peint en vert les prés

après un long hiver gris,

on dirait que tu voiles

mon cœur de mélancolie,

une douce mélancolie de printemps,

en attendant le sourire

des violettes de Pâques.

Comments Nessun Commento »

Eunna violetta


I pià di bouèisson

te me sourì,

dzènta violetta.

Le s-épeu-e

te protèdzon

di man eundiscrète,

d’acor avouë té

pe te lèché épanouì

lo pi doù di parfeun

i solèi d’éforié.


Une violette


Aux pieds du buisson

tu me souris,

jolie violette.

Les épines te protègent

des mains indiscrètes,

d’accord avec toi

pour te laisser épanouir

le plus doux des parfums

au soleil du printemps.

Comments Nessun Commento »

A mamma


Voueu,

voullioù te porté

eunna fleur,

mamma,

pe te die :

te vouë di bièn.

Mè,

lo tran tran

di dzor

l’a robbome

ceutta pènchue.

Et ara

que t’ë eun trèn

à lavé le s-ése

et te me sourì,

me rapello :

n’i po de fleur

à te ballié,

te dédio

ceutta petchouda poésia.


Pour maman


Aujourd’hui,

je aurais voulu t’apporter

une fleur,

maman,

pour te dire :

je t’aime bien.

Mais,

le tran-tran

de la journée

m’a fait oublier

cette idée.

Et à présent

que t’es en train

de faire la vaisselle

et tu me souris,

je m’en souviens :

je n’ai pas de fleur

à t’offrir,

mais

je te dédie

cette petite poésie.

Comments Nessun Commento »

Ame


Un coup léger de vent

un frisson grêle te prends,

on dirait qu’il y a quelqu’un,

là, près de toi,près du feu.

On dirait qu’il y a quelqu’un

et ton cœur l’entends

et ton cœur se tait…

Il ne faut jamais ignorer

la voix d’une âme,

de ton âme, peut-être.

Il ne faut jamais l’ignorer.


Comments Nessun Commento »

Le canard gris


Le soir, quand je m’endors,

je pense au triste sort

qui a eu le canard gris.

Hier, il courait à la vie,

vers les feuilles de choux

et plongeait son bec dans la boue

heureux d’exister…

Ce soir,

je l’ai mangé !

Qu’ils sont faux les hommes !!!!


Comments Nessun Commento »

Té,

t’avétse maque

la plodze et l’ouvva,

la souffrance,

la maladì,

la mor.

Avétse enco lo solèi,

Lo sourie d’eun mèinou,

la tendresse de eunna madan

que l’èt eun trèn a fie lo tsèisson,

avétsa enco la via.

Et, maga-a…

Te tsandze idò!!!

1981

Regardes

Toi,

Tu ne regardes que

La pluie et le vent,

La soufffrance,

La maladie,

La mort.

Regardes aussi le soleil,

Le sourire d’un enfant,

La tendresse d’une grand-mère

En train de tricoter des chaussettes,

Regardes aussi la vie.

Et, peut-être…

Tu vas changer d’idée !!!

Comments Nessun Commento »

Nëët


Ceutta nëët lo ciel

l’èt arbeulliasse

di s-étèile pi dzènte;

pe le pro le greillon

tsanton à la leunna nèissènte;

lo lon di ru que gargogollie

l’erba l’èt umidda

comme l’iche pleuyà

et eunna rèinollie pouyeuisa

se tappe i galop pe la gollie.

De lliouèn,

tot toodzèn,

arreuvve lo soufflo de l’ouvva….


Nuit

Cette nuit le ciel

s’est habillé

des étoiles les plus jolies ;

dans les prés les grillons

chantent à la lune qui naît ;

le long du ruisseau qui gargouille

l’herbe est humide

comme si elle avait pleuré

et une grenouille craintive

se jette rapide dans l’eau.

De loin,

doucement,

arrive le souffle du vent…

Comments Nessun Commento »

La belle d’autrefois


Penchée sur la rive dorée,

le soleil couchant

lui caressant les cheveux blonds,

la mignonne rêve à son demain,

à un amant fort et puissant..

Ses lèvres s’étirent,

les pommettes rougissent…

Un frisson fait trembler

ce petit corps grêle,

la jeune fille a honte

de ce songe hardi.

Soudain, elle murmure dans l’ombre

« Pardonnez-moi, Sainte Marie ! »


Comments Nessun Commento »

C’est la triste histoire

Du vieux Michel

Qui ne cherchait plus de gloire

En tant que retraité.

Il se contentait d’aimer

Son épouse Fanie,

Il se contentait d’aimer

Son portrait,

Car Fanie l’avait laissé

Depuis longtemps…

Elle se promenait dans le vent…

Et Michel le retraité

S’ennuyait tout seul à la maison,

Alors il est allé

Chercher Fanie

Pour se promener avec elle dans le vent…

On dit :

Oh, il n’était pas encore vieux,

Mais,

Ne croyez-vous pas

Qu’on puisse mourir d’amour ?

1981

Comments Nessun Commento »

Lo clliotché de Lignan

L’è comme eun mouë d’atre,

Tot arbeullià de blan,

Lo dzèn tèt poueuntù

Et le clliotse que tsanton

Voueu que l’è fëta…

Veuyo de cou çalle tsaplette

L’arèn queurià à tcheut

Lo novella di veulladzo,

le noce, lo battèyé d’eun popon,

la fëta di Sèn Patron….

Veuyo de cou çalle s-amie

L’arèn rapellò a noutre dzë

Lo rendez-vouz solanel

Avouë lo Bon Djeu,

L’angélus di mateun

Et … enco lo dépar de magan,

Avouë eunna grimma deun leur vouéce.

Veuyo de conte

No farie ci viou clliotché

Se maque poussiche no prèdjé…

1981

Le clocher de Lignan (à Saint-Barthélemy de Nus en Vallée d’Aoste)

Le clocher de Lignan

Ressemble à plusieurs autres,

Tout habillé en blanc,

Le joli toit pointu

Et les cloches qui chantent

Aujourd’hui parce c’est fête…

Combien de fois ces bavardes

Auront-elles annoncé à tout le monde

La nouvelle du village,

Les noces, le baptême d’un bébé,

La fête du saint Patron…

Combien de fois ces amies

Auront-elles rappelé à nos gens

Le rendez-vous solennel

Avec le bon Dieu,

L’angélus du matin

Et… le départ de grand-mère,

Avec une larme dans la voix.

Combien d’histoires

Nous conterait ce vieux clocher

Si seulement il pouvait nous parler…

Comments Nessun Commento »

Dans cet instant d’amertume

Qui me prends à la gorge

Je me refuge dans la plume

Pour me réconforter,

Pour ne pas désespérer

Et pour croire encore,

Un tout petit peu

Dans les gens,

Dans les autres…

Triste brouillard

Que je jette sur mes yeux,

Je ne crois plus à personne,

Je me ses en ermite

Au milieu du monde…

1981

Comments Nessun Commento »

Amertume

Ça fait très mal

De découvrir

L’amertume,

Le dégout,

Quand on a le cœur naïf ;

Ça fait très mal

De dire adieu

A de faux amis ;

Ça fait très mal,

Et des larmes silencieuses

Rident mes joues,

Mon âme.

Mais ça ne fait rien.

Je continue,

Je continue mon chemin.

1981

Comments Nessun Commento »

Une violette


Je voudrais être

une fleur,

une tendre violette

pour t’offrir mon parfum,

ma naïve beauté

là dans un verre

oublié sur ton piano.


Comments Nessun Commento »

Çalla ouvva que èntre

De désot la fenëtra

Me ballie eun frisson

Que dérèndze me pènchue….

Avétso le dzë

Que paasson i tseumeun,

Le pèi drèt,

Lo colèt di paltò

Tanque su le bouëgno,

et, ni fran bontèn,

cé, avouë té,

protso di fouà.

1980

Vent

Ce vent qui se faufile

Sous la fenêtre

Me donne un frisson

Et dérange mes pensées….

Je regarde ceux

Qui passent dans la rue,

Les cheuveux hérissés,

Le col du paletot

Sur les oreilles,

Et, je suis vraiment bien,

Ici avec toi,

Près du feu

Comments Nessun Commento »

Vittor rèste su pe la colleuna de Veulla :

Que paysadzo !

De mèisonnette avouë lo clliortù itor,

La tsapalligna i mèntèn di veulladzo,

l’éve que barbotte pe la brantse.

Eun boo mateun, Vittor se dit :

« Eh ! si eun trèn a vëën viou,

Me fò arèndjé le meëtcho ! »

La veuseunna, Melanie, lo consèllie :

“T’ë tot solèt, va demandé

À la queumeunna de t’édjé!”

Et lo noutro l’è partì avouë lo tascapan,

bà pe le burò l’è arreuvò tot plan:

mé vionda de inque, vionda de lé,

l’a po preui de térèn péqué poussichan lo édjé !

« Et beun, ni po faata de vo !

Dit Vittor, quanqu’ara a veuquì dze si arreuvò ! »

Paasse lo tèn et roudze le meur

Et tot pì’un moman Vittor s’appessèi

Que l’a pamë eun beui cheur

Pe se protèdjé de la plodze et di fret.

« Dz’i belle vu que d’allé i refujo

L’è arreuvò mon tor,

Mé té, Bianquina, fé té po de croué san.

Te ballio a Melanie, llieu te lame tan ! »

1980

Voilà comment Victor est allé au refuge

Victor habite la colline d’Aoste :

Quel paysage !

Des maisonnettes avec leur verger,

La chapelle au milieu du village,

L’eau qui barbote dans la fontaine.

Un matin, Victor se dit :

« Eh, je suis en train de vieillir,

Il me faut réparer la maison ! ».

Sa voisine, Mélanie le conseille :

« T’es tout seul, va demander

à la commune de t’aider ! »

Et notre monsieur est parti avec son sac à dos,

Là bas dans les bureaux, il est arrivé doucement ;

Mais il va par ci, il va par là,

Il n’est pas assez riche pour qu’on puisse l’aider !

« Eh bien, je n’ai point besoin de vous !

Dit Victor, jusqu’à présent j’ai bien vécu ! »

Le temps passe et ronge les murs

Et au bout d’un moment Victor s’aperçoit

Qu’il n’a plus une étable sûre

Pour se protéger de la pluie et du froid.

« J’ai bien vu que c’est mon tour

D’aller au refuge.

Masi toi, Blanchette (sa vache) ne t’en fait pas,

Je te donne à Mélanie, elle t’aime tant ! »

Comments Nessun Commento »

Il pleut


Il pleut,

et cette pluie si douce

caresse les feuilles rousses,

effleure les rocs

et les sentiers

et voile mon cœur

d’une brume pâle,

un tout petit peu légère,

un tout petit peu amère…

et je penses à toi…


Comments Nessun Commento »