Archivio per la Categoria “Les personnages de ma vie”

Quelqun que j’ai rencontré sur mon chemin

Que t’es belle, la lune,

Ce soir !!

Tes rayons éclairent

Les noirs cheveux

Du bébé qui fait dodo

En son lit tout petit !

Et ils éclairaient déjà

Les noirs cheveux

Du bébé néanderthal

Qui faisait dodo

Dans les bras de sa maman.

1986

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Bébé

Auras-tu encore

À vingt ans

Des arbres à escalader,

Des montagnes à admirer,

Des écureuils à poursuivre ?

Pourras-tu encore

Courir dans les prés

Ou le gris du ciment

Aura-t-il tout englouti ?

1986

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Djoulietta sappe,

sappe le tartifle,

clic, clac,

avouë chouèn,

avouë amour,

lo sapeun garatte.

Garatte la téra

Et çalle plante,

Si verte, si tèndre,

Sèmblon contènte

De ceutte caresse.

« Gramacì, Djoulietta »,

Sèmblon lèi die,

«  pe té n’arèn cheur

Eunna bella recompènse !! »

1983

Les pommes de terre

Juliette pioche,

Pioche les pommes de terre,

Clic, clac,

Avec soin,

Avec amour,

La pioche garatte,

Garatte la terre,

et ces plants

si verts, si tendres,

semblent contents

de ces caresses.

« Merci, Juliette »,

Ils paraissent lui dire,

« nous saurons te récompenser

C’est bien sûr !! »

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La belle d’autrefois


Penchée sur la rive dorée,

le soleil couchant

lui caressant les cheveux blonds,

la mignonne rêve à son demain,

à un amant fort et puissant..

Ses lèvres s’étirent,

les pommettes rougissent…

Un frisson fait trembler

ce petit corps grêle,

la jeune fille a honte

de ce songe hardi.

Soudain, elle murmure dans l’ombre

« Pardonnez-moi, Sainte Marie ! »


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C’est la triste histoire

Du vieux Michel

Qui ne cherchait plus de gloire

En tant que retraité.

Il se contentait d’aimer

Son épouse Fanie,

Il se contentait d’aimer

Son portrait,

Car Fanie l’avait laissé

Depuis longtemps…

Elle se promenait dans le vent…

Et Michel le retraité

S’ennuyait tout seul à la maison,

Alors il est allé

Chercher Fanie

Pour se promener avec elle dans le vent…

On dit :

Oh, il n’était pas encore vieux,

Mais,

Ne croyez-vous pas

Qu’on puisse mourir d’amour ?

1981

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Vittor rèste su pe la colleuna de Veulla :

Que paysadzo !

De mèisonnette avouë lo clliortù itor,

La tsapalligna i mèntèn di veulladzo,

l’éve que barbotte pe la brantse.

Eun boo mateun, Vittor se dit :

« Eh ! si eun trèn a vëën viou,

Me fò arèndjé le meëtcho ! »

La veuseunna, Melanie, lo consèllie :

“T’ë tot solèt, va demandé

À la queumeunna de t’édjé!”

Et lo noutro l’è partì avouë lo tascapan,

bà pe le burò l’è arreuvò tot plan:

mé vionda de inque, vionda de lé,

l’a po preui de térèn péqué poussichan lo édjé !

« Et beun, ni po faata de vo !

Dit Vittor, quanqu’ara a veuquì dze si arreuvò ! »

Paasse lo tèn et roudze le meur

Et tot pì’un moman Vittor s’appessèi

Que l’a pamë eun beui cheur

Pe se protèdjé de la plodze et di fret.

« Dz’i belle vu que d’allé i refujo

L’è arreuvò mon tor,

Mé té, Bianquina, fé té po de croué san.

Te ballio a Melanie, llieu te lame tan ! »

1980

Voilà comment Victor est allé au refuge

Victor habite la colline d’Aoste :

Quel paysage !

Des maisonnettes avec leur verger,

La chapelle au milieu du village,

L’eau qui barbote dans la fontaine.

Un matin, Victor se dit :

« Eh, je suis en train de vieillir,

Il me faut réparer la maison ! ».

Sa voisine, Mélanie le conseille :

« T’es tout seul, va demander

à la commune de t’aider ! »

Et notre monsieur est parti avec son sac à dos,

Là bas dans les bureaux, il est arrivé doucement ;

Mais il va par ci, il va par là,

Il n’est pas assez riche pour qu’on puisse l’aider !

« Eh bien, je n’ai point besoin de vous !

Dit Victor, jusqu’à présent j’ai bien vécu ! »

Le temps passe et ronge les murs

Et au bout d’un moment Victor s’aperçoit

Qu’il n’a plus une étable sûre

Pour se protéger de la pluie et du froid.

« J’ai bien vu que c’est mon tour

D’aller au refuge.

Masi toi, Blanchette (sa vache) ne t’en fait pas,

Je te donne à Mélanie, elle t’aime tant ! »

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Tri s-ommo à Lavèntse

Eunv eulladzo oublià

Pe lo tèn et le dzë

Et tri s-ommo

Enco lé,

Solèt,

Avouë amour,

avouë dispérachon.

Leur,

Demandon po rèn,

Djeusto de poussèi

Travallié leur téra,

De poussèi conteunié

Leur petchouda via,

Lé,

Yeui leur paèn l’an veucu.

Rico, Battitta et Meulièn

Contenion leur dzor

Avouë amour,

avouë dispérachon.

Conteunion.

Solèt.

Trois hommes à Lavenche (un village de la colline de Nus en Vallée d’Aoste)

Un village oublié

Par le temps et les gens

Et trois hommes,

Encore là,

Seuls,

Avec amour,

Avec désespoir.

Eux,

Ils ne demandent rien,

Seulement de pouvoir

Travailler leur terre,

De pouvoir continuer

Leur petite vie,

Là,

Où leurs ancêtres ont vécu.

Henri, Baptiste, Emilien

Continuent leurs jours

Avec amour,

Avec désespoir.

Ils continuent.

Seuls.

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Euntre lliù


Eun coridon d’épeutallie

lon et tot blan,

et eun petchou mèinou

pe la man de sa mamma

paase per lé.

« Péqué yet tan de dzë paë, mamma ? »

« Ou-t-eu resté quèi eun moman ? »

Lo petchou mèinou sopatte tchëca la tëta

et tot euntre lliù dit:

« Que beur que l’est cé, mamma ! »


Entre soi


Un couloir d’hôpital

tout long et blanc,

et un gamin

par la main de sa maman

passe par là.

« Pourquoi y-a-t-il tellement de monde, maman ? »

« Veux-tu te taire un momant ? »

Le petit secoue la tête

et entre soi il murmure :

« Qu’il est moche ici, maman ! »

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Achouattò devan lo pillio,

José teurie sa pipa,

metouye eun silence

mènque tsëët lo solèi.

L’est tot dégoutò pe cèn que capitte,

Gneun lo avètse pamë, se po pe lèi die :

“Tramouaté de cé!!”

Gneun acoutte pamë cigne conte de guéra,

Prèdzon de modda, de films, de sou.

Pouo José, comme l’est tchandjà la via !

L’est maque té que t’ë todzor lo mëmo,

Todzor seumplo et seuncéo ;

L’est maque té que te conteunie a espéré,

A regretté la via d’eun cou.

Itor de tè le dzë galoppon,

Machinne, motto,

S’aréton pamë a t’acoutté.

La via va-t-eun devan

Et maque té, José,

Te rèste todzor cé,

Achouattò devan lo pillio,

A die euntre té :

« Que drolo de mondo !! »

1978

Assis devant sa cuisine,

Joseph fume sa pipe,

Il réfléchit en silence

Au coucher du soleil.

Il est assez dégoûté par ce qui lui arrive,

personne ne s’occupe plus de lui, si non pour lui dire :

« Grouilles-toi d’ici !! »

Personne n’écoute plus ses rengaines de guerre,

Ils causent mode, films, fric.

Pauvre Joseph, qu’elle est changée la vie !

Ce n’est que toi qui demeure le même,

Toujours simple et sincère ;

Et ce n’est que toi qui continue à espérer,

A regretter la vie d’autrefois.

Près de toi, tout le monde s’affole,

Voitures, motos,

On n’a plus le temps de t’écouter.

La vie continue

et ce n’est que toi, Joseph,

qui reste là, assis devant ta cuisine,

à murmurer entre toi :

« Quel drôle de monde !! »

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Demèndze


L’è demèndze mateun,

le pappa se promeu-on

avouë leur petchou.

Lo mèinou avétse

foua de la fenëtra,

dae grousse grimme

lèi bèisson su le dzoute.

Lliù, tot solèt,

atèn signa mamma

que arreuviche di travail.


Dimanche


C’est dimanche matin,

les papas se promènent

avec leurs petits,

le gamin regarde

hors de la fenêtre :

deux grosses larmes

lui rident les joues.

Lui, tout seul,

il attend que sa maman

rentre du boulot.

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L’ëët eun cou, i pià di greup, (i veulladzo de La Comba de Veulla)

Eun pallier fé à la modda viëllie

De bèrio de djouëye gri cllièr.

Lèi restaat Franchoué lo piournatson,

Eun pouo viou tot solèt

Que l’ayet pamë ni fenna, ni garçon,

Et passat lo dzor à tsaplé lo bouque pe l’ivër.

Se s-ami sayan le s-abro, lo tapadzo de l’éve,

le beëtche et lo bon veun.

Et quan féjèt lot or di cantigne

Trouaat todzor quaqueun

Que pe lo sentë tsanté, pe pitié,

Lèi payaat lo vèyo.

Et Franchoué conteniaat se dzor.

Et eun tchi lliù n’ayet todzor, se t’ayet faata,

Eun plat de seuppa de tchatchan sèque et d’arcoveu-o,

Ballià avouî amour.

Pouo Franchoué !

Tot p’eun dzor l’an pamë vutte à la cantigna,

L’an pamë sentù le crèp di feuitsèt.

Son allò te tchertché.

Et l’an trouotte deun lo pallier,

Achouattò a tabla.

Te sèmblaat eundremì, te sourijèt…

Franchoué,

Dze me rapellerì todzor de té,

Mîmo se ara, ton pallier l’an tappolo bò,

et ton tsat l’est crapò.

Dze me rapellirì todzor de té,

De tigne seuppa de tchatchan sèque et d’aarcoveu-o,

De tiogna dzènta vouéce

Quan te tsantaat tot solèt eun tsaplèn lo bouque

« Eun compagnì de me s-ami,

De ma mèison ! »..

1975

Souvenir de François

Il y avait autrefois, aux pieds du rocher, (au village de La Comba d’Aoste)

Un pailler bâti à la vieille façon

Avec les pierres grises du torrent.

Il y habitait François l’ivrogne,

Un pauvre vieillard tout seul

Qui n’avait plus ni femme, ni garçon,

Et qui passait la journée à préparer son bois pour l’hiver.

Ses amis étaient les arbres, le chant du torrent,

Les animaux et le bon vin.

Et quand il faisait le tour des bistrots,

Il rencontrait toujours quelqu’un

Qui, pour le faire chanter, par pitié,

Lui offrait un verre.

Et François continuait sa petite vie.

Chez lui il y avait toujours, si t’avais faim,

Un’assiette de soupe d’haricots sec et d’épinards sauvages,

Offerte avec amour.

Pauvre François !

Un beau jour, on t’a plus vu au bistrot,

On a plus entendu le coup de la serpe.

On est allé te chercher.

On t’a retrouvé  dans ton pallier,

Assis à table.

Tu semblais endormi, un sourire sur tes lèvres..

François,

Je me souviendrai toujours de toi,

De ta soupe aux haricots secs et aux épinards sauvages,

De ta belle voix

Quand tu chantais tout seul en coupant ton bois :

« En compagnie de mes amis,

De ma maison ! »

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Tcheut dou courbo désot lo peiss di s-an,

allavon tot toodzèn pe lo petchou sèntë,

tot toodzén féjan leur promenada,

deur eumbrachà, llieu aper de lliù.

Lo viou,

Avouë son nër tsapë,

Se soque baase et sa baquetta,

Avétsaat sa dzènta viëllie.

Lo motcheui grì lliètto désot lo cou

Et lo gandellion de dantella

Que lèi chortchet tsëca di coteullion,

Et tot contèn sourijèt.

Tcheut dou courbo désot lo pèiss di s-an

Conteniavon leur promenada,

Eun fèyèn fènque tchëca d’eunvia

Et bèlle contèn de leur petchouda via.

Le vieux et la vieille

Tout les deux courbés sous le poids du temps,

Ils s’en allaient tranquillement par le petit sentier,

Ils se promenaient doucement

Bien enlacés, elle à côé de lui.

Le vieux,

Avec son chapeau noir,

Ses soques basses et son bâton,

Regardait sa belle,

Le foulard gris noué sous le menton

Et le jupon en dentelle

Qui sortait un peu de sa robe,

Et très content il souriait.

Tous les deuxcourbés sous le poids du temps,

ils continuaient leur promenade,

en faisant presque un peu d’envie,

bien satisfaits de leur petite vie.

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Tcheut le demaas

Phine va i martchà,

avouë lo feuidèr nouvvo

et lo motcheui grì de la fëta,

llièttò déri lo cou.

A’ ceunqu’euye l’est dzà lèvéye,

Vitto ballié peuqué i vatse et le s-arié,

Et enco pi vitto allé se lavé, se peugné

Et beutté lo coteullion pi dzèn.

Aprë fo apresté lo sque à pan

Et veuilé tanque à la crotta,

Vëre se l’est frèméye

Et galoppé su damou

Prènde la saquetta si seucro.

« Ommo boudza, Pantion,

Dit à l’ommo Phine,

Féyén tard pe lo martchà ! »

« Mon Djeu, que t’i maalèn…. »

Vouèllà, son tcheut dou prest,

Tcheut dzèn, tcheut lliouistro et propro,

Et, comme tcheut le demaas,

I galop, fo se boudjé,

péqué fo po arreuvé tard i martchà.

Joséphine va au marché.

Tous les mardis

Joséphine va au marché,

avec son tablier tout neuf

et le foulard gris des jours de fête

noué derrière sa tête.

A’ cinq heures elle est déjà debout,

Vite, il faut nourrir les vaches et les traire,

Et encore plus vite il faut se laver, se coiffer

Et s’habiller de sa robe la plus coquette.

Ensuite il faut préparer le sac à dos

Et rejoindre la cave

Pour contrôler si elle est bien fermée

Et courir au galetas

Prendre le sac pour le sucre.

« Dépêches-toi, pantaléon,

Joséphine crie à son mari,

On va être en retard pour le marché !

Bon Dieu que t’es traînard !!! »

Voilà, ils sont tous les deux bien prêts,

Tous les deux bien rangés et propres,

Et, comme tous les mardis,

Au galop, il faut se dépêcher,

Car il ne faut pas arriver tard au marché.

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